Brusquement elle frissonna .Pourtant le fond de
l'air était encore tiède. Elle se redressa et lui sourit mélancoliquement. Il
la regarda attentivement, puis brusquement eut envie de l'attirer contre lui et
de la réchauffer contre sa poitrine. Il hésita, regardant d'un œil distrait et
indécis les frondaisons qui se balançaient mollement dans un imperceptible mouvement d'air ; sa crainte était que son geste fut interprété comme une
poussée de désir, et non comme un élan fraternel. Elle se rapprocha lentement et se blottit tout contre lui. Il sentait son souffle près de son cou et son
corps qui vibrait doucement ; mais cette étreinte alanguie n'avait d'autre
but qu'elle-même, elle était chaste et sans ombre. Rassuré, il se mit à rêver. Le soleil descendant jetait des éclats pailletés dans les cheveux libres
d'Anne. Sa tête penchée ressemblait à une miniature d'Holbein, et ses yeux
marins semblaient perdus dans le vague.
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